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Hong Kong 1993

Foto: Ben Cheung (Pexels)
L'avion descend littéralement entre les bâtiments de Hong Kong. On dirait qu'il va se poser en plein milieu de la rue, qu'il va "se garer" entre les affreux gratte-ciels pâles et maigres qui montrent aux passagers leur intérieur, leurs postes de télévision allumés, leurs locataires coincés comme dans des ruches. J'ai lu quelque part que c'était un aéroport difficile, que faute d'espace, il a été construit sur la baie que, pour l'instant, je n'ai pas encore vue.

Après avoir accompli les formalités nécessaires, la rue m'attend. Dès que je sors de l'aéroport, moderne, impeccable, je me sens vraiment dans l'une des dernières colonies, dans un morceau d'occident en Chine. Quand les touristes se sont évaporés et qu'il n'y avait que des Chinois autour de moi, je me suis senti, pour la première fois, différent, presque un intrus.

Je réussis à me faire comprendre par le chauffeur d'un taxi pour qu'il m'emmène à l'auberge de jeunesse. Au moment où la voiture démarre, j'entre dans un écran en couleurs et en odeurs; les rues ne sont pas plus pleines qu'à Barcelone mais différemment, avec plus de gens que de voitures. Les bâtiments laids renferment les rues garnies d'écriteaux de néon où l'anglais n'est pas présent. En fait, je ne suis pas à Hong Kong mais à Kowloon, une autre ville. On doit, donc, traverser la baie, malheureusement par un tunnel à péage. 

De l'autre côté, la modernité m'assaut. Les bâtiments laids se sont transformés en rêves dessinés en verre et en acier par Norman Foster. L'architecture high-tech se montre avec toute sa magnificence à Hong Kong. Les plus beaux gratte-ciels se battent avec les plus spectaculaires mais aucun ne l'emporte. La nuit les rend tous encore plus magiques, plus imposants, comme des géants immobiles qui habitent entre les quelques mètres de terre qui séparent les montagnes de la mer.

On longe Victoria Street, une rue de Londres déguisée en Chinois. Les vieux "double-deck" tramways attirent mon attention. Soudain, le luxe et la high-tech disparaissent et les rues étroites, coincées, réapparaissent avec leurs bâtiments moches à en mourir. 

C'est presque impossible d'y croire mais on dirait que la ville s'arrête, que Hong Kong se décongestionne quand on commence à monter la colline sur laquelle l'auberge se dresse. Une fois que je suis arrivé au sommet, je choisis de regarder la vue avant de m'inscrire. Finalement, la baie s'impose à mes yeux avec ses plus de vingt îles et ses bateaux amarrés en pleine mer. La ville est à mes pieds couronnée toujours par les gratte-ciels du futur qui l'éclairent. Je sors ma caméra et capture cet instant, bien que je sache que la photo ne retiendra pas la moindre des sensations vécues.

Novembre 1996 (révisé en février 2008).